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Conseils d'Alumni

Jean-Christophe Pellat

Quelles sont les fonctions de la langue ? Comment s’emploie la particule grecque αν ? Préposition ou adverbe ? Sémantique ou pragmatique ? Telles sont les questions qui passionnent Jean-Christophe Pellat, Professeur de linguistique française et ancien doyen de la Faculté de lettres de l’Université de Strasbourg. « Lorsque j’étais étudiant en première année de ce qu’on appelait à l’époque le Diplôme universitaire d’études littéraires, le Duel, j’ai découvert une autre manière d’aborder la langue française. Au-delà de l’abord scientifique, c’était toute une réflexion sur le fonctionnement de la langue, mais aussi sur l’utilisation qui peut en être faite, sur la dimension sociale, etc., explique-t-il. Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est la transmission de ces notions, de manière adaptée aux différents publics concernés ».

C’est pourquoi, avec sa spécialisation en grammaire et en orthographe françaises, Jean-Christophe Pellat a publié, à côté de recherches universitaires pointues, divers ouvrages de vulgarisation à l’attention notamment des étudiants et des enseignants du primaire et du secondaire. Il est ainsi co-auteur d’un ouvrage universitaire de référence La grammaire méthodique du français, et de Le Grevisse de l’enseignant. Ce dernier ouvrage se veut une grammaire au sens large, « du son au texte», qui associe les apports de la linguistique moderne à la tradition scolaire, en portant une attention particulière à l’usage et en proposant de nombreux exemples signés, surtout littéraires.

C’est de cette même façon minutieuse et méthodique, qui correspond à son désir d’explication, que ce Professeur émérite relate les évènements ayant eu lieu à l’Université de Strasbourg, alors qu’il était jeune étudiant, dans un texte intitulé « Mais 68. Une nuit à l’Université ».

« Cette période m’a énormément marqué : lorsque j’ai vu le concours d’écriture des alumni, je me suis dit qu’il fallait que j’en témoigne, raconte-t-il, écrire cette nouvelle, c’était replonger dans un passé très riche, et faire remonter beaucoup de vieux souvenirs ». Au-delà des manifestations, ce sont les débats d’idées, les réflexions générales sur la politique et la société, les discussions avec « les anarchistes purs et durs » qu’étaient les situationnistes et les Assemblées générales dont se souvient Jean-Christophe Pellat avec émotion : « Quand le ministre de l’éducation nationale proposa à l’Université de Strasbourg l’autonomie de gestion, c’était quelque chose ! ».

J.-C. Pellat s’estime heureux d’être resté sur le campus pendant la période de mai-juin 68 alors que beaucoup d’étudiants étaient partis après l’annulation des examens. « Je suis resté car j’avais le sentiment que ça allait en valoir la peine et, bien sûr, je ne regrette rien ! Et puis, avoir vécu ces évènements a créé un lien très fort, pour moi, avec Strasbourg et son université.»


Jean-Christophe Pellat a obtenu le prix du jury pour sa nouvelle Mai 68. Une nuit à l’Université